Live le négos

Au moment très fort des gilets jaunes, certains demandaient que les réunions décisives soient en live sur Facebook, certains avaient été invité au ministère de je sais pas quoi pour discuter, et en étaient ressortis immédiatement devant le refus des autorités de voir ces échanges diffusés en live .

Je me souviens , qu’il n’y a pas très longtemps, alors que certaines personnalités  demandaient un rendez-vous avec Macron

Fly Rider, qui est bien loin d’être un abruti comme pas mal d’éditocrates l’ont affirmés, était septique, et avait demandé que la rencontre soit en live.. Rien n’avait eu lieu, mais bon… j’avais trouvé sa position très fine…

Dans ces périodes où les négociations tout azimut vont avoir lieu… Je demande, j’exige que la revendication du Live sur Fesse Bouc, soit imposée aux dirigeants qu’ils soient syndicaux ou autres…

 Mais pourquoi on m’écoute pas !!!

Rides

Je regarde cette femme de 72 ans… Je l’ai connue elle devait en avoir 25 … Nous avons eu un enfant ensemble, puis quelques années après nos routes se sont séparées, nous nous revoyons de loin en loin… Je regarde son visage très ridé, et je tente, en imagination, de lui replacer le visage que je lui ai connu à l’époque, un visage plein, lisse…

C’est assez vertigineux .. Je me demande comment 50 années ont pu la rider à ce point…Que veut dire chacune de ses rides, à quel moment elles sont arrivées… Je pense que la façon dont je me suis séparé d’elle y est peut-être pour quelque chose, et en même temps, à l’époque je n’ai rien remarqué. C’est venu bien plus tard…

Je me souviens d’avoir été marqué par ce changement il y a une vingtaine d’années, comme si elle avait vécu une tragédie que j’ignore et qui l’aurait anéantie et laissé des traces irrémédiables…

N’empêche que je ne cesse de jouer à chercher les points communs entre le visage que j’ai en mémoire et celui que j’ai là en face de moi…  au-delà de la taille du visage, rien ne coïncide, rien n’annonçait cette évolution-là.

Seule sa voix n’a pas du tout changé…

Bien sûr ça me renvoie à mon propre visage sur lequel je ne l’appesanti jamais trop… J’ai toujours cette impression que c’est provisoire, c’est la lumière du moment qui accentue mes rides, mes excroissances, qu’en vérité tout ça ne va pas rester…

Ben oui c’est provisoire, ça va s’accentuer avec le temps… Moi qui suis tout à fait jeune de l’intérieur, sans la moindre ride, je te jure, ce n’est pas possible que j’apparaisse ainsi, que ma jeunesse intérieure ne transcende pas complètement mon apparence physique… Je m’étonne presque, vu la gueule que j’ai, que des gens me sourient, voire, rigolent avec moi… Moi à leur place j’aurais peur.. enfin presque…

Quand je suis en relation avec des gens, je n’ai jamais conscience de la gueule que j’ai, inconsciemment je m’imagine bien plus jeune.

Ce qui me travaille, si je m’y attarde, c’est le sens qu’ont certaines rides sur mon visage… Ou du moins, le sens qu’on leur attribue… Moi je serais en face d’un visage comme ça, j’y verrais pas mal d’aigreur entre-autres…

C’est bien de ne pas se voir…

Quand à dire que la vieillesse n’est pas un naufrage… Vos gueules !!!

Noël 2019

Heureusement il y avait Iris. Elle fait la moue avec sa bouche. Elle remue ses lèvres, les bouge de gauche à droite, les pinces, les réunie en forme de baiser. Je me suis mise à faire comme elle, c’est souvent comme ça que je fais avec les enfants, je les imite… Ca l’a énervé mais ça l’a aussi beaucoup fait rire.
Après elle a proposé de jouer à deviner qui on imite. Elle s’est mise à quatre pattes et j’ai dit « le chat », c’était le chat. Puis à mon tour j’ai imité des métiers genre magicienne, conductrice d’avion… Et puis elle s’est remise à quatre pattes, j’ai dit « tortue » après avoir dit chien, souris… Et puis tous les animaux étaient à quatre patte alors ce n’était plus très facile de distinguer l’un de l’autre… Et puis il a fallu mettre le mot « bébé » avant chaque nom d’animal, ce n’était plus lion mais « bébé lion », la distinction était encore plus difficile…
Elle m’a beaucoup fait rire en étant elle même. Les adultes n’arrêtaient pas de lui dire de mieux parler, de moins crier, de s’adresser à moi poliment, de mettre sa main devant sa bouche quand elle tousse alors que ça faisait trois heures qu’elle toussait au-dessus de nos assiettes. Perso étant donné que je ne me sent pas la lourde responsabilité de devoir faire son éducation, je m’en fout qu’elle dise oui ou non hyper vite. Et puis j’ai déjà choppé la crève la semaine dernière. Et donc je lui ai fait faire le tour de toutes les chaussures pour les délacer, pendant que les adultes continuaient leurs discutions harassantes. C’est le seul truc un peu drôle que j’ai trouvé acceptable de lui faire faire sans se prendre une censure… A la fin sa tante a sorti des crayons et Iris m’a invitée à dessiner.

Si non, avant ça, j’ai eu des conversations avec des adultes. On a commencé par les maladies, les cancers du rein, ceux du pancréas (pas drôle celui-ci). Et puis les maladies héréditaires, les dépistages, les maladies un peu plus bénignes genre remontées acides… Ça a duré une bonne heure, j’ai essayé de distraire l’attention avec un truc genre rhume mais quelqu’un a renchéri sur l’avc, et moi bêtement j’ai dis que l’AVC ça me convenait comme mort parce que tu savais pas que tu mourrais.

Mon grand-père est mort dans son sommeil d’un AVC. Il a fait pipi au lit c’est tout. Du coup je trouvais ça plutôt pas si pire comme mort, juste se pisser dessus me semble un deal assez réussi avec le sordide d’une longue maladie dans l’agonie…

Ce à quoi on m’a rétorqué que c’était horrrrible, que ça pouvait durer hyper longtemps, qu’on pouvait être tout paralysé. Ce à quoi je rétorque que à moins de m’envoyer à l’hostho dans la minute, moi faut me laisser sur le carrelage avec mon AVC, faut SURTOUT PAS essayer de me sauver… Les autres m’ont regardé les yeux écarquillés, j’ai bien senti que c’était incompréhensible de pas vouloir être sauvé. En même temps, au regard de la liste de maladies toutes aussi invalidantes et dégradantes que leurs amis subissaient, moi l’AVC ça me semblait une bonne solution… De toute façon faut bien mourir…

F.

Poubelle de livres

La boîte à livre dans un village des fois ça donne ça… Une boîte à mégots, des cadavres de brochures désossées, des pages déchirées et des blocs de papier détrempés.

Une pile de magazines « Public » que j’adore lire aux chiottes mais que je n’ai même pas osé prendre tellement ça sent mauvais et ça colle sous mes talons. Une trace de liquide s’est rependue non loin de là, de la pisse ou de la bière?

Les enceintes blue toussent

Je m’en étais acheté une il y a deux ans, parce que j’étais curieux, du truc, et elle était pas cher , 22€ là, juste avant de passer à la caisse du magasin d’alimentation…

J’avais mis du temps à comprendre le principe et j’avais bien aimé l’idée de réécouter des émissions de  Franc Cult à partir de mon téléphone, pendant que je faisais la cuisine notamment.

Puis j’ai eu l’impression qu’elle merdait que c’était un peu trop de la merde, depuis je m’en suis racheté une plus grosse 45€ et ça me va très bien.

Hier je l’accompagne en acheter une pour son fils. Mais lui, il a du pouvoir d’achat… On est à la Fnac, et le vendeur est super compétent…  Et vas-y que ça distingue les différents modèles, leurs évolutions qui disqualifient immédiatement le modèle sorti précédemment.. Etc.. Etc Bref il achète un modèle Marshall à 150€. Rentré à la maison, le gendre discute avec lui, parce qu’il pense aussi en acheter une du modèle qui est vachement bien, vachement mieux etc etc…parce que, elle a ça et aussi ça.. Et puis au niveau de l’enveloppe sonore, tu vois ce que je veux dire…

Je les écoute silencieux et je me demande comment j’ai pu, depuis de nombreux mois écouter un son complètement pourri, sur une enceinte de merde… Comment j’ai été aussi con pour ne même pas m’en rendre compte.. Bon c’est sûr je suis un mauvais, mais on va faire comme ça… mauvais je resterais.

Le marché de Crest 26400

Ça fait un paquet d’années que je fréquente ce marché au rythme, d’une à deux fois par an…

Est-ce le fait de vivre avec une non blanche… je me sens tout d’un coup claustrophobe… C’est tout sympa, les gens sont cools , gentils, complices entre eux… ils sont beaucoup dans ma classe d’âge… Mais seulement dans cette classe là… pour ce qui est de la sociale, je ne m’y sens pas, mais pas du tout… Je n’en suis pas, même si je mange bio, même si je suis de gôche, même si… Le fait d’être précaire, peut-être, d’avoir bricolé ma vie, je ne sais pas ,de ne pas avoir été juste que ceci ou celà, il y a un truc profond qui me dit que je ne suis pas de leur famille… qu’en fait je les emmerde…mais profondément

Mon amie me dit, ils ont l’air sympa, comme ça… mais c’est pas sûr…

J’ai partiellement ce même sentiment sur le marché de Saint Girons, mais moins violent…

On est pas des robots!

Chez le docteur
On est pas des robots
Dessin Florence

Aujourd’hui mon médecin m’a prise dans ses bras. Je venais de pleurer à pleines larmes rapport à la crise existentielle qui me traverse. Crise de la quarantaine ce pourrait être (Merde, 45 ans de quarantaine????).
Il s’est levé de sa chaise, a contourné son bureau, s’est avancé vers moi les bras ouverts pour m’accueillir sur sa poitrine. Son grands corps a recueilli le mien (1) et je me suis enfouie dans son pull, le nez au contact de son odeur.
C’est la seconde fois qu’il fait ça. La première fois mon corps ne s’est pas vraiment abandonné, une partie de moi est restée sa patiente figée devant la frontière des usages.
La seconde fois, j’étais en attente de cette étreinte. Et je me suis laissée aller à reposer ma tristesse entre ses bras. J’ai pris une longue inspiration avant de déposer ce que j’avais sur le cœur, pour un temps, entre les mailles de son pull. Je regardais le passage des voitures à travers la fenêtre et durant ce court instant je n’ai plus pensé à rien. J’en ai profité.
Irvin Yalom parle dans son livre (2) de l’importance d’établir un lien de confiance avec ses patients. Et que cette confiance passe pour lui par une implication du psychologue. Ce qui veut dire, sortir du « rôle » de la « posture » attendue pour donner de sois et s’investir dans la relation. Il n’hésite pas à parler de ses propres expériences au cours d’une séance, à parler de lui…

Je crois que ce qui m’intéresse c’est l’être humain derrière la fonction. Il me semble qu’on se goure largement à penser que l’on exécute son travail, ses missions quelles qu’elles soient, avec le plus de neutralité possible et sans impliquer sa personne.
Par exemple j’entends souvent des techniciens de l’administration dire qu’ils ne veulent pas rencontrer les usagers pour ne pas être influencé. Ce qui équivaut somme toute à se transformer en robot. Comme si nous devions nous séparer de notre altruisme, notre porosité, notre état d’humanité pour bien faire notre travail.
Le responsable des greffe du tribunal avait donné comme conseil à ma mère, lors qu’elle y faisait du secrétariat, de mettre les dossiers délicats et importants en fin de pile afin que le juge les examine après la digestion; juste après le repas, le travail des intestins pouvait influencer de manière négative l’avis qu’il émettait sur les dossiers compliqués.
C’est quand même dingue et en même temps hyper normal! Oui, nous sommes des êtres avec des intestins grognons, nous ramenons au travail nos disputes de la maison, nos joies, et tout ce que nous faisons n’est ni plus ni moins qu’influencé par de nombreuses trivialités. Nietzsche n’aurait certainement pas développé sa philosophie particulière sans sa maladie.
Du coup, ce grands corps de médecin qui se lève, qui passe la frontière du politiquement correct pour me donner le meilleur des médicaments, c’est comme un révolutionnaire silencieux, quelqu’un qui accepte l’autre dans toute sa dimension, il fait de moi bien plus qu’une patiente ou une malade, il me reconnait dans mon humanité et il me fait du bien.
J’ai toujours défendu la transversalité, j’ai toujours affirmé l’existence d’une porosité entre mon travail et ma vie. Je ne suis pas sûre qu’il faille tout cloisonner, je ne sais même pas si c’est possible, ni si c’est nécessaire. Je pense que certains font ça très bien, je pense que pour d’autres comme pour moi c’est impossible voire contre-productif. Je suis faite de toutes ces particules d’expériences quotidiennes, tous ces atomes de vies que je croise, d’écorces que je touche, de sons que j’entends. Je suis faite de toutes ces expériences et je les diffuse dans mes relations personnelles et au travail.
C’est de la fiction de croire que je suis différente au bureau ou bien chez moi. Et puis je n’en vois pas la nécessité.
J’aime qu’André nous questionne Blandine et moi et les autres sur ce que l’on vie. Il se demande toujours ce qui traverse les gens, de quelle manière le quotidien nous affecte. Ce n’est pas tant les grandes théories qui l’intéressent, que peut-être la manière dont elles ont émergé de la soupe intérieure, cette grande marmite où se mélangent nos grands principes avec nos réalités sensuelles, contradictoires, émotives…
Car je pense puis je dis, ce qui en moi a fait un long chemin depuis les entrailles. Ce qui du dehors est passé au dedans, s’est infiltré par la peau jusqu’aux organes et qui me transforme. La pensée se construit aussi à l’épreuve des sens. C’est un dialogue, un va et vient permanent entre dehors et dedans. A cet endroits il est complètement illusoire de croire qu’il existe une barrière.

(1) : il fait genre 1m85 et moi 1m58. J’aime bien donner ce genre de détail, parce que je pense que c’est important pour imaginer la scène. Et en même temps j’ai pas envie d’être trop triviale, si non ça coupe l’élan poétique du texte. D’où la note de bas de page qui fait très pro et en plus elle est numérotée genre y’en a d’autres…

(2) : I. Yalom « Le jardin d’Epicure ».

Avec ou sans poils?

Perso ça me saoule de devoir m’épiler le maillot. D’abord ça fait super mal. Ensuite c’est pas bon pour les mycoses (argument santé hyper prisé des blogs). Re-ensuite, je dois à chaque fois sortir tout un attirail, m’enfermer dans la salle de bain, faire chauffer la cire, me mettre dans des positions invraisemblables pour chopper des poils sous les fesses… Bref.

Ça m’a toujours fait rire les gars qui te disent « on va à la plage, tu prends ton maillot, une serviette, une brosse à dent et c’est bon ». C’est bon pour qui?????
Quelle femme est déjà partie sans se demander si son épilation était bien faite? Si elle n’avait pas de poils sous les bras? sur les mollets?
Non c’est pas BON!!! Il faut que je vérifie que j’ai pas une touffe de poils pubiens digne d’un chant de blé avant récolte et en prime si possible que je n’ai pas mes règles!

En tous les cas, pour en revenir au sujet de l’épilation du maillot (j’aime beaucoup d’ailleurs ce camouflet sémantique, pubis : maillot; moustache : lèvre…) je suis à chaque fois confrontée à ce dilemme éprouvant pour mon intégrité : assumer un maillot touffu et la féministe que je suis versus oui mais bon quand même si je pouvais encore me faire croire que je suis un tantinet sexy sur la plage ça ferait du bien à mon ego…
Ce qui place la réflexion, d’un point de vue philosophico-psy sur le terrain de la dichotomie entre mes valeurs profondes versus l’image sublimée et l’idéal du moi.
Je m’assume et je fais un gros fuck à la société?.
Nan !
Je me retrouve donc avec deux moi en inadéquation…
Et comme disait je sais plus qui (ça ferait mieux de citer ses sources) « un être serein est en adéquation avec ses valeurs »

Mis à part ces considérations, bien le bonsoir

F.

Je les tuerais…

Quand tu veux changer une ampoule de phare sur une Modus, et qu’il faut tomber le parechoc, quand tu veux changer un composant chauffage sur une Scenic, et qu’il faut démonter entre-autres la pédales de frein et d’accélérateur… j’ai envie d’assassiner les membres du bureau d’étude qui ont conçu ces bagnoles, si ce ne sont pas des assassins ce sont au moins des malades graves qu’il faudra éliminer un jour de la face de la terre, histoire de les punir.

 

Pour la Modus, j’avais entendu une blague « Les mecs quand il ont conçus la Modus ils ont pris une ampoule de phare et ils ont construit la voiture autour… »

Bref je les hais